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La rédaction Web n’est qu’une compétence, pas un métier

octobre 2nd, 2008 | 13 Comments | Posted in MARKETING, REDACTION

Rédacteur web inconnu

Le métier de rédacteur référenceur n’existe pas. Ce n’est pas moi qui le dit mais Jean-Yves Garel, de l’agence éditoriale Dithyrambe. Dans l’article éponyme publié le 19 septembre, l’auteur pointe le clavier sur une distinction importante : rédiger pour le Web, ce n’est pas faire le boulot d’un référenceur. Un avis bien tranché, mais… pas très loin de la vérité. Voici mon point de vue de concepteur-rédacteur passionné de marketing interactif, auquel vous êtes invité à réagir.

Si vous vous êtes offusqué du titre, je vous conseille de bien lire entre les lignes qui suivent. Vous comprendrez où je veux en venir. Et à article discutable, réponse discutable…

Tout rédacteur doit maîtriser l’écriture Web (bis)

“Internet est qu’un média de plus. Les rédacteurs doivent se l’approprier, non seulement en écriture, mais également en conception”, nous dit Jean-Yves Garel. Je suis aussi d’avis qu’un rédacteur ne peut pas se permettre de marginaliser son écriture en se présentant uniquement comme rédacteur en print.

L’avenir de la rédaction est au multimédia, et il faut savoir se plier aux avancées de son métier. Je suis encore étonné de voir des rédacteurs totalement réfractaires au Web ou incapables de m’en citer quelques-unes des contraintes. Ceux-là sont “out” ; ce n’est pas de la méchanceté mais de la lucidité.

Par écriture Web, pour rappel, j’entends une nouvelle modalité d’écriture intégrant des notions d’ergonomie de contenu, de search engine optimisation (SEO) et d’efficacité informationnelle.

Tout rédacteur Web doit maîtriser les contraintes du référencement (bis)

“La prise en compte des contraintes de référencement fait dorénavant partie intégrante des fonctions de toute personne écrivant pour un support on line” : évident. Un nouveau facteur entre en ligne de mire pour le rédacteur. Goo… Goo… Ok, vous voyez de quoi je parle.

J’ai déjà publié de nombreux articles sur les fondamentaux du SEO Copywriting, soit la rédaction optimisée pour un positionnement optimal sur le(s) moteur(s) de recherche. Par exemple, 19 conseils pour rédiger un texte commercial ET optimisé pour le Web.

Tout le talent du rédacteur est de produire des contenus aussi séduisants que naturels et spontanés, tout en appliquant les recettes incontournables du référencement naturel. Parce que le référencement naturel, ça passe aussi par du linkbaiting, n’est-ce-pas ?

La rédaction Web est seulement une compétence, pas un métier

Là, je me lâche sur une opinion personnelle. Je crois dur comme fer que la rédaction Web n’a pas la prétention à être un métier. Et pourtant : je pratique la rédaction Web. Pour Jean-Yves Garel, “les contraintes du référencement constituent une compétence marginale pour le rédacteur”.

Je n’irai pas jusqu’à faire de la SEO une compétence secondaire. Sur le Web, rédaction et optimisation ne font qu’un. Indissociables d’accord, mais ils ne représentent tout de même pas, à mes yeux, un métier à part entière. Quel concepteur-rédacteur multimédia est prêt à être “réduit” au seul rôle de rédacteur Web, connaissant l’étendue des missions accomplies dans son métier ?

Les chefs de projet aiment dire à leurs clients qu’ils ont un rédacteur Web sous la main. Ça sonne pro à l’oreille. En réalité, il manque une dimension de conseil à la rédaction Web, ne serait-ce que dans l’appellation. Au quotidien, je définis des stratégies créatives, j’organise l’information, je rédige, j’anime, je promeus, je veille… Et par-ci par-là, je fais de la rédaction Web. Naturellement.

Qu’en pensez-vous ?

Le référencement est un savoir-faire spécifique

Cri du cœur d’un professionnel de la communication éditoriale : “Laissez le référenceur faire son job”. Contrairement à ce que croient – ou à ce qui arrange – certains professionnels et clients, un rédacteur Web ne vous mettra pas en première place de Google si le secteur est fortement concurrentiel.

Un rédacteur Web ne vérifie pas la propreté du code de la page. Un rédacteur Web n’optimise pas le squelette de votre site. Un rédacteur Web ne gère pas votre stratégie de netlinking et n’indexe pas vos pages dans différents moteurs et annuaires. Un rédacteur Web propose un contenu optimisé, sachant que les facteurs d’un bon référencement naturels sont, entre autres :

  • Les liens naturels (backlinks)
  • La qualité du code
  • La qualité du contenu
  • L’ancienneté (moins certain) et la régularité de publication

A lui seul, le rédacteur Web ne peut remplir les objectifs d’un référenceur. Le référenceur a une vision globale de la stratégie à adopter et des facteurs techniques à prendre en compte en SEM (Search Engine Marketing). Je ne dis pas que le rédacteur-référenceur n’existe pas, puisque certains – rares – professionnels présentent des talents de ce type… je crois simplement que ces spécialités distinctes méritent une distinction et un travail d’équipiers, dans la plupart des cas.

À terme, la rédaction Web doit intégrer un métier plus stratégique

Jean-Yves Garel conclut avec une réflexion ouverte sur le métier de référenceur, qu’il verrait bien intégré à celui… d’intégrateur. Je prends donc le contre-pied. Pour moi, la rédaction Web doit être l’une des compétences d’un métier plus consistant, celui de Webmaster éditorial ou de chef de projet éditorial. Bref, un métier ou l’on ne fait pas que “rédiger”.

Je sais que le métier n’est pas évident à définir, comme le remarquait récemment Eve. Je compte d’ailleurs sur vous pour y contribuer… Me viennent personnellement à l’esprit une conceptrice-rédactrice Web & chef de projet junior (Aurélie pour ne pas la citer) ou encore une jeune chargée de e-marketing formée à la rédaction Web (Bénédicte). Autant vous dire que ce sont ces profils-ci qui deviennent les références des recruteurs.

Alors… Quelque chose à critiquer, ajouter, discuter ? Vos commentaires sont les bienvenus :-)

Visuel par Daniel Gebhart sur Flickr

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Twouiteure : les effets du microblogging sur l’écriture

août 29th, 2008 | 10 Comments | Posted in BLOGGING, REDACTION, SOCIAL MEDIA, UTILISABILITE

Twitter et la mort de l'écriture

140 caractères, c’est court. A peine plus long qu’un titre, quasiment l’équivalent d’un chapô. Sur Twitter, la langage texto est rare - en tout cas chez ceux que je “follow” - mais la forme est spéciale. Avec Twitter et assimilés, l’écriture me semble plus spontanée (logique) mais aussi moins qualitative. Et les fautes y sont encore plus visibles que dans un billet de blog classique. Vous avez remarqué ?

J’ai l’habitude (bonne ou mauvaise peu importe) de stopper sur les erreurs, dans les dizaines de posts que je lis chaque jour. Je me dis “tiens, une faute”, mais c’est mon cerveau de concepteur-rédacteur qui fait son mécaniquement son travail. Et puis j’ai peu à peu commencé à banaliser la mauvaise orthographe et les conjugaisons foireuses. C’est là que ça devient grave.

Parce que je n’ai jamais autant bloqué sur ma propre écriture. Plus je lis des posts de mauvaise qualité, plus je suis en doute face à des mots ou des tournures que je maîtrisais sans faille il y a 1 ou 2 ans. Sérieusement. Je ressors de plus en plus souvent mon dico quand on me pose une question sur la langue ou quand je rédige une bodycopy.

Twitter n’arrange pas les choses. Entre l’inattention amplifiée par l’écran et l’instantanéité maximale de publication, ce n’est presque plus de l’écriture. C’est approximatif. Oral. En twittant régulièrement et en acceptant machinalement des contenus mal rédigés, je crois que le rédacteur fait face à un dilemme : gagner en spontanéité, assouplir son écriture - et en contrepartie, mettre en danger ses propres compétences rédactionnelles.

Si je suis encore sur Twitter et que j’y suis plutôt actif, c’est parce que j’apprécie la qualité des twitts des personnes que je suis, je précise. Aucun doute. Mais Twitter reste un vivier de fautes de français.

J’aimerais avoir votre avis là-dessus, sur la façon dont le microblogging et les autres interfaces de publication online modifient notre manière d’écrire. Et au passage, je comprends tout à fait que des “non rédacteurs” fassent des fautes. C’est naturel. Mais d’après vous, quel effet cela peut-il avoir sur notre façon d’acquérir et d’utiliser le français ? Les formats de publication sont-ils amenés à se réduire en peau de chagrin, et l’écriture online à se simplifier à l’extrême ?

Des retours de rédacs sont bien sûr les bienvenus :-)

Image : blog.ivanpope.com

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Le marché du rédacteur est-il saturé ?

juin 6th, 2008 | 9 Comments | Posted in CONCEPTION, REDACTION, TRENDS

Si l’on en croit Google Trends, la rédaction web, le copywriting et les métiers éditoriaux font moins recette. Alors que, paradoxalement, les contenus publiés sur ces thèmes n’ont jamais été aussi nombreux… Et que les offres de postes ou de stages sont visiblement en hausse ! Décalage évocateur ? Les résultats plongeant obtenus dans ma petite recherche (inspirée par l’enquête éclair du blog Marketing 2.0) semblent en tout cas signaler une baisse d’intérêt.

statistiques google trends

Une vraie descente sur 4 termes-clés : “rédaction”, “rédacteur” pour la France, “editorial” et “copywriter” pour le Monde.

Globalement, comme vous pouvez le voir ci-dessus avec les requêtes “rédaction”, “rédacteur” (France), “editorial” et “copywriter” (Monde), la tendance est exponentiellement négative. Et ce malgré l’heure de reconnaissance du rédacteur / éditeur web / seo copywriter, influencée par le challenge du référencement naturel et des contraintes d’utilisabilité. Que faut-il en déduire ? Hypothèses :

  • Il y a trop de rédacteurs web, seo copywriter, webmaster éditoriaux et autres concepteurs-rédacteurs autoproclamés sur le marché de la communication on & off line.
  • Il y a une perte de confiance envers le copywriting, ce qui pourrait être dû au grand nombre de charlatans ou pseudos-gourous agissant sur le Web.
  • Le marketing rédactionnel intéresse moins. Je n’y crois pas trop, et ça irait à contresens de ma première hypothèse.
  • Le contenu écrit online étant peut-être considéré comme un simple texte optimisé, les entreprises et webmaster pensent pouvoir faire abstraction d’un expert de la rédaction web.
  • Le métier de concepteur-rédacteur / éditeur web / seo copywriter n’est plus considéré que comme une compétence et peut donc être potentiellement maîtrisé par d’autres profils polyvalents.
  • La multiplication des UGC optimisés limite de plus en plus les besoins en rédaction web.
  • Le texte est en perte de vitesse, les métiers de l’écrit avec.
  • Il faut tenir compte de la hausse de la population connectée, ce qui peut réduire la proportion de requêtes sur ces termes.
  • Les internautes tapent plus souvent des “expressions-clés” plutôt que des mots uniques, et Google Trends n’en tient pas compte.

Tout ça peut vous paraître simpliste ou fataliste, mais je ne vois pas d’autres remarques. Qu’en pensez-vous ?

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