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Je suis infopreneur : et vous ?

avril 19th, 2008 | 1 Comment | Posted in GESTION DE PROJET, REDACTION

Friand de tous les nouveaux termes très 2.0, construits à partir du terme entrepreneur (”entreprenaute”, “solopreneur”, etc), je me sens un peu obligé de vous parler d’un mot-valise très approprié : “infopreneur”. Je suis un infopreneur : et vous ?

Il faut d’abord savoir ce qu’est un infopreneur même si, en tant que lecteur ou lectrice éclairé(e), vous avez flairé le sens caché de ce néologisme. L’infopreneur est un professionnel qui partage ses connaissances et son expérience, via tout type de publication, que ce soit des articles, des newsletters, un blog, etc. “L’infopreneur est membre à part entière de la « nano-publication», un type de diffusion de contenu qui est apparu en particulier grâce à l’émergence des blogs ainsi que le transfert de quantité de plus en plus importante de consommateurs des médias classiques vers le web.” (N’ayez pas peur)

Son partage d’information, s’il n’est pas toujours monétisé, reste une contribution à forte valeur ajoutée. Vous remarquerez qu’en me présentant comme infopreneur, je me prends un peu au sérieux. Comme je l’expliquais il y a quelques semaines à un designer graphique, Fremox, tout professionnel capable de mettre en forme ses idées et de communiquer sur ses compétences, avec un parti pris éditorial, a intérêt à devenir infopreneur. Pour plusieurs raisons :

> C’est une méthode très pratique pour mettre à plat ses acquis et compiler diverses réflexions. Les contenus générés peuvent d’ailleurs être retravaillés et compilés dans l’optique de la création d’un livre blanc.

> C’est une contribution exceptionnelle à l’identité numérique, du moment que l’on produit un contenu régulier, utile, professionnel. Montrer son savoir faire ne peut avoir que des effets positifs dans la gestion de sa carrière professionnelle, mais aussi dans la création d’un réseau ou dans le recrutement de prospects. C’est un retour sur investissement non immédiat, mais c’en est un.

> C’est aussi un statut qui peut apporter des compensations financières (notamment via l’affiliation d’un blog), mais il ne faut pas faire de cette troisième possibilité un objectif prioritaire.

L’infopreneuriat n’est pas une nouveauté en soi, c’est sûr, mais le fait d’apposer un nom à cette tendance a l’avantage d’officialiser une activité prenante, qui atteint son paroxysme avec les blogueurs professionnels. Ma propre implication dans mes blogs tourne autour de 12 heures par semaine, en plus de mon job en agence ; et pour vous, qu’en est-il ?

Parmi les blogs d’infopreneurs que je suis régulièrement, je peux citer Simple Entrepreneur (exemple très parlant), ReadWriteWeb, Le blog de Bertrand Duperrin, Action-Redaction, Copyblogger, Copywriting.com, K3 Blogue… Même si les objectifs de chacun sont sensiblement différents. Avez-vous déjà un pied dans l’infopreneuriat ? Si oui, n’hésitez pas à me faire connaître vos publications ou votre blog spécialisé en postant un commentaire.

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Les internautes de demain sont déjà de mauvais élèves

avril 19th, 2008 | No Comments | Posted in TRENDS

Ils sont nés après 1993, ont grandi avec Internet, préfèrent les “highly digested contents” et font partie de la “Google Generation”. Ils, ce sont les internautes de demain, mais aussi le thème central de la dernière étude commandée par la British Library, intitulée “Information behaviour of the researcher of the future”. Cette étude, très ambitieuse et stratégique, visait à établir un portrait pertinent de cette génération numérique et à dresser un panorama constructif de la consommation d’information dans les 10 prochaines années. Toujours, bien sûr, en gardant les yeux rivés sur le travail des bibliothèques.

Résultat, le champ est vaste et les résultats aussi riches que nombreux : du contexte actuel (“how do people currently behave in virtual libraries?”) à l’anticipation digitale (“what might the information environment be like in 2017?”) en passant par le phénomène des réseaux sociaux (“the social networking phenomenon: is it important?”) ou encore par l’analyse de la “Google Generation” (“google generation: myth or reality?”), les responsables de cette étude nous apportent de solides et dérangeantes informations.

Un triste portrait de la “Google Generation”

On apprend ainsi, dans les grandes lignes, que :

  • L’information digitale met en danger tous les intermédiaires actuels de la diffusion d’information, puisque l’ère digitale se caractérise par un “choix immense, un accès facilité et des applications simplissimes”,
  • Le comportement de recherche d’information est globalement marqué par une horizontalité, des rebonds incessants (zapping), comportement qui soulève de sérieux enjeux : “Users are promiscuous, diverse and volatile and it is clear that these behaviours represent a serious challenges for traditional information providers.”
  • Les internautes passent autant de temps à chercher l’information qu’à la consulter,
  • Le temps moyen passé sur un site d’information ou sur la lecture d’un e-book oscille entre 4 et 8 minutes, ce qui tend à prouver qu’un nouveau mode de lecture a émergé,
  • La rapidité de consommation de l’information empêche la “Google Generation” d’évaluer correctement la validité d’un contenu,
  • Les jeunes internautes privilégient l’instantané au détriment d’une vision globale, stratégique et efficiente,
  • Les jeunes internautes ont une vision très restrictive du cyberespace et se concentrent naturellement sur des référents populaires (devinez lesquels) : “The search engine, be that Yahoo or Google, becomes the primary brand that they associate with the internet.”
  • Le comportement et les préférences des plus jeunes deviendront, d’ici les 10 prochaines années, des normes “académiques” de consommation d’information,
  • Les futurs internautes privilégieront les outils on line les plus simples d’utilisation, considérés aujourd’hui comme suffisants par les plus jeunes… ce qui induit un niveau minimal de compétences,
  • La propriété intellectuelle perd en légitimité aux yeux d’une population “copy&paste”

Je passe sur les points qui touchent principalement aux enjeux marketing des libraires, même si certaines recommandations peuvent intéresser tous les secteurs de l’économie et de la culture. Par exemple, sur le sujet des réseaux sociaux, une remarque qui mérite d’être relevée : “There is a big difference between “being where our users are” and “being USEFUL to our users where they are”.

Quel avenir pour la nouvelle population numérique ?

Dans l’ensemble donc, l’étude met à mal la “Google Generation” en la présentant comme une population au jugement simpliste et aux compétences réduites, tout en précisant qu’elle signe la mort des médias non interactifs comme la presse papier ou la télévision. Quel étrange paradoxe que le rejet de la passivité et la réduction du regard critique…

Cette étude est certainement l’une des plus passionnantes de l’année 2007, puisqu’elle a le don d’alerter sur les dangers de la consommation numérique, sur l’éducation digitale de la “Google Generation” (visiblement une réalité) et sur certaines croyances erronées. Non, les futurs internautes ne sont pas experts en recherche d’information. Globalement, ils ne sont pas non plus capables d’évaluer la pertinence des données récoltées.

Toutefois, ils annoncent, par leur comportement, l’avènement du Web sémantique : un Web où le langage naturel, détaché de ses nuances, sera la norme dans la recherche d’information. Que vous inspirent ces résultats ?

Via News.fr et l’Etude de la British Library

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