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Brève et chapô, même combat ?

Vendredi, mai 16th, 2008

La brève et le chapô sont deux formats de texte relativement proches. Le sens de la synthèse et de l’immédiateté y est à l’œuvre. C’est en relisant certains de mes contenus, via différents supports, que je me suis posé la question suivante : brève et chapô, même combat ? Je profite donc de ce post pour en rappeler les règles essentielles et vous aider à peaufiner l’efficacité de vos articles online.

Le chapô, un “call-to-read” qui entre dans le vif du sujet

Si Joël Ronez recommande de rédiger des micro-accroches autonomes – ce qui est parfaitement justifié et louable dans l’effort rédactionnel – je préfère personnellement considérer le chapô comme une véritable accroche. Peut-être du fait de mon métier… Le chapô est, par définition, le “texte d’introduction qui coiffe un article” (Culture.gouv.fr) et “concentre en quelques lignes l’essentiel de l’information”. Autrement dit, il est la première entame du contenu, juste après le titre, et pour cette raison, se doit de :

  • Donner au lecteur les éléments-clés de l’information qui sera traitée dans l’article, en répondant au principe des 5 W (Who, What, When, Where, Why) et éventuellement du H (How).
  • Tenir en 300 à 500 signes dans l’idéal, puisqu’il a le même rôle qu’un résumé. Mieux, c’est le synopsis de votre article.
  • Comme tout bon synopsis, il doit donner envie d’en savoir plus. Bien sûr, le chapô permet de se faire une idée du déroulé qui suit, et donc de prendre une décision (lecture ou non) ; mais il n’en reste pas moins un “call-to-read”, n’en déplaise aux puristes.
2 exemples de chapô d\'articles on line

Dans l’ordre, un chapô extrait du Blog du CR et un second capturé sur le JDN (06/05/08)

Plus encore, et vous allez comprendre avec l’exemple qui suit, le chapô doit entrer dans le vif du sujet, être “immédiat”. Très souvent, les lecteurs ne lisent réellement que les 10 premiers mots, comme je l’ai expliqué dans un précédent article (100 mots… et l’internaute ne lit que 50% de vos infos) ; ce qui fait de la première phrase un enjeu majeur, et j’avoue que je ne suis pas nécessairement un bon élève sur ce point. Les agrégateurs de contenus, en particulier, n’affichent généralement que le titre et éventuellement les premiers mots du chapô. Tout se joue en une centaine de signes !

Capture module rss netvibes

Une capture faite sur mon univers Netvibes…

La capture ci-dessus vous montre bien les différences d’impact entre les posts. Certains présentent des chapô flous, peu explicites, tandis que d’autres tentent d’attirer l’attention du lecteur en l’immergeant immédiatement dans l’info, si possible avec un ton “sexy”. Alors : lesquels préférez-vous ?

La brève, format court et complémentaire

Son nom l’indique clairement : la brève est un texte court, sans titre, dépassant rarement les 500 signes. Elle traite une information sans développement, se contentant de présenter le fait principal d’un événement. Vous avez peut-être remarqué que j’ai fait le choix de publier des brèves sur le Blog du CR, ce que je ne faisais pas auparavant pour des raisons purement ergonomiques.

Avec un vrai découpage en homepage du blog, j’ai pu dissocier micro-informations de contenus plus denses. Le choix de ce format complémentaire de publication, très pratique pour traiter une large gamme de sujets sans y perdre trop de temps, implique un respect de quelques principes. Ceux-ci sont résumés par la formule toute trouvée par Luc Fayard à propos de l’écriture journalistique : “C.L.A.I.R.” (Ecrire pour être compris) :

  • C comme centré, c’est-à-dire focalisé sur une seule info
  • L comme lisible, c’est-à-dire accessible à l’utilisateur
  • A comme actuel, que je complèterai en disant “A comme attractif”, par le style, le ton, l’efficacité
  • I comme immédiat, c’est-à-dire d’être spontané et sans détour
  • R comme rigoureux, c’est-à-dire respectueux des normes d’utilisabilité… et de référencement
Exemple de brève

Un exemple de brève publiée sur le Blog du CR.

Franchement, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Tout comme le chapô, la brève répond à des exigences d’efficacité, de concision, d’immédiateté, de style, etc. Même combat en quelque sorte, sauf que… Le chapô introduit un contenu plus conséquent. Double objectif donc pour le chapô : être lu et donner envie de lire.

Brève et chapô sont bons pour la santé de votre écriture

Je ne pouvais pas terminer cet article sans vous livrer ma vision de ces deux formats textuels. Je pense effectivement que rédiger des brèves et peaufiner les chapô sont des pratiques formatrices, permettant de développer une écriture incisive, spontanée, synthétique et personnelle. En même temps, vos lecteurs ont tout à y gagner, et je parie facilement que vous vous construirez une image de rédacteur efficace.

Après plusieurs semaines passées à rédiger des brèves et à renforcer l’impact de mes entames d’articles, je suis certain d’en avoir retiré plusieurs bénéfices. Mes phrases sont plus courtes, plus directes. Je suis plus rapide dans l’écriture. J’ornemente moins. Que du positif :-)

Mon conseil, que je compte également suivre à la lettre : accorder plus d’attention aux chapô de posts en les considérant comme des appels à la lecture explicites et immédiats, et entretenir le sens de la synthèse d’information en publiant des brèves régulières. Que dites-vous de ça ?

100 mots… et l’internaute ne lit que 50% de vos infos

Samedi, mai 10th, 2008

La preuve qu’une écriture synthétique est fondamentale : de 30 à 100 mots, l’attention de l’internaute moyen chute de moitié. C’est l’une des conclusions de la dernière étude en utilisabilité menée par 4 chercheurs de l’Université de Hambourg, et relayée par une récente alerte de Jakob Nielsen. On savait que la longueur des textes online était déterminante pour leur efficacité, c’est donc confirmé, résultats à l’appui.

Se basant sur les comparaisons entre différents formats textuels de pages web (de 30 à 1200 mots environ), Jakob Nielsen explique d’abord que les internautes passent plus de temps sur les contenus les plus longs, mais que la perte d’attention plonge de 82% au-delà d’un certain seuil : “Users tend to spend more time on pages with more information. However, the best-fit formula tells us that they spend only 4.4 seconds more for each additional 100 words”. 4,4 secondes pour parcourir 100 mots. Capisce ?

Graphique lecture des internautes

Au-delà de 30 mots, la lecture réelle s’appauvrit rapidement.

Comme vous pouvez le constater dans le graphique ci-dessus, la quantité d’information réellement assimilée par l’internaute se réduit facilement en peau de chagrin. A 500 mots, l’internaute lit 30% du contenu. Il scanne ou survole simplement à hauteur de 60%. Que dites-vous de ça ? En rappelant évidemment qu’il s’agit d’une moyenne déduite par Jakob Nielsen, et que les profils d’utilisateurs fluctuent.

Je pense personnellement que ces données doivent avoir un impact plus fort sur les sites à vocation commerciale. Là où le lecteur recherche activement de l’information, il aura tendance à être plus attentif (vous êtes toujours là, la preuve ?). Les précédentes études Eyetrack l’ont démontré. Mais lorsqu’il s’agit de vendre un produit ou un service, mieux vaut être direct, éviter le verbiage, produire une écriture concise et claire au possible. En évitant de dépasser les 100 mots, ou 600 signes, notamment pour des pages de présentation.

Je sais, ce n’est pas vraiment mon cas. Mais vous êtes un lecteur ou une lectrice de haut niveau, n’est-ce-pas ? ;-)

Anecdote : il paraît que le bouton BACK est le troisième élément le plus utilisé sur le Web, juste derrière les liens hypertextes et les boutons “call-to-action”.

Via L’Alertbox de Jakob Nielsen : “How little do users read ?”