Tag Archives: concept

Le synopsis publicitaire : définition, utilité, bonnes pratiques et exemples

3
Filed under CONCEPTION, REDACTION

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet article ne s’adresse pas uniquement aux créatifs de tous bords, mais bien à l’ensemble des professionnels qui ont à vendre une idée. Je me décide donc aujourd’hui à vous présenter le synopsis publicitaire, au travers d’une définition, d’une justification de son utilité et de quelques bonnes pratiques.

Le synopsis publicitaire ? What the f**k ?

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de synopsis publicitaire ; tout au moins du synopsis cinématographique ou littéraire. Par définition, le synopsis est le résumé d’un récit. Sa longueur varie selon l’importance du récit en question : au cinéma, un synopsis pourra dépasser 3 pages ; en journalisme, 1 page. Et en publicité… 3 à 7 lignes, rarement plus.

Le synopsis est donc la synthèse la plus restreinte d’une narration. On parle de synopsis publicitaire parce qu’une idée, un concept, est toujours un récit. Qu’il s’agisse d’une rencontre, d’un discours ou d’une création multimédia, peu importe, l’essentiel est de se dire que le concept est synonyme d’histoire.

Et que le synopsis publicitaire en est sa bande-annonce.

En publicité, le synopsis est le dernier maillon de la conception : il fige les pistes créatives pour faciliter leur sélection. Le concepteur-rédacteur le rédige généralement à la fin de sa recherche d’idées (éventuellement en team) pour aller le soumettre à un(e) chef de pub. Les chefs de projets les soumettront ensuite au client pour validation.

Quel intérêt à rédiger un synopsis publicitaire ?

Premièrement, les gens préfèrent que vous leur présentiez une idée sans ornementation, en allant droit au but. Deuxièmement, poser ses idées sur le papier est la meilleure manière de les maîtriser et de les justifier.

A l’origine de ma formation, je ne saisissais pas vraiment l’intérêt du synopsis publicitaire. A quoi bon raconter mon concept en quelques lignes quand on présente parallèlement un beau concept-board au client ? Pourquoi réécrire plusieurs fois le même synopsis ? Devant mon clavier, cahier gribouillé à ma gauche, je maudissais le synopsis publicitaire.

Jusqu’au moment où j’ai réalisé que décrire une idée à l’oral, de façon improvisée, était l’un des exercices les plus périlleux qui soient. Une phrase mal pesée, un détail oublié, et le concept était mutilé. Mal défendu. Même avec une maquette sous les yeux. Un synopsis publicitaire plus tard, illuminé, je faisais image dans la tête de la chef de pub, puis du client, et l’idée était finalement déclinée pour une annonce presse.

Une bonne idée, mal présentée à l’origine, avait bien failli partir aux oubliettes.

Tout ça pour vous dire que le synopsis publicitaire est un outil indispensable. Il permet de se faire une idée claire et imagée du récit proposé. Pas d’oubli, pas de maladresse, le concept est présenté sous son meilleur jour. Lu à haute voix lors d’une présentation, si possible avec un support visuel et des copies distribuées à toutes les personnes en présence, il obtient l’effet qu’il mérite : le succès ou le désintérêt.

Le synopsis est décisif. Faites le test, vous verrez que tout devient plus clair dans l’esprit de votre auditoire (ou lectorat). Et cela s’applique aussi à tout entrepreneur qui souhaiterait convaincre un partenaire potentiel.

Quelques bonnes pratiques pour réussir l’exercice

J’ai appris, au fil de mes rédactions de synopsis, que certaines pratiques étaient fondamentales. Entre autres, le synopsis se doit :

  • D’être court, dans une tranche idéale de 3 à 5 lignes (300 à 500 caractères),
  • D’être divisé en trois étapes : contextualisation, développement, conclusion, si possible en 3 ou 4 phrases,
  • D’être rédigé au présent de l’indicatif, avec des mots simples, en limitant l’ornementation,
  • De faire image dans l’esprit des lecteurs ou auditeurs par l’emploi de termes, tons ou champs lexicaux forts, liés au concept,
  • D’illustrer voire de reprendre la promesse pour prouver la pertinence de l’idée,
  • D’avoir un titre sympa, si possible,
  • Et bien sûr de donner envie !

Si vous avez déjà rédigé des synopsis (publicitaires ou journalistiques), n’hésitez pas à commenter. Ca ne prend que quelques secondes et c’est très pratique pour les autres lecteurs.

Quelques exemples de synopsis publicitaires ?

Le meilleur vivier de synopsis reste selon moi le site Musiquedepub.tv, qui associe toujours un résumé des spots publicitaires aux bandes originales mises en ligne. Exemple avec une pub pour le Petit Lu : “Comment reconnait-on un mangeur de Petit Lu ? Il grignote en dansant, est joyeux et n’a pas d’âge… tout ça devant un champ de blé !”

Ok, c’est “gian-gnian” et pas très créatif. Alors essayons avec la pub très originale et sexy d’Orangina : “Hyène ondulant en body moulant, girafe en corset rose, zèbre aux mules vertigineuses chevauchant une bouteille de soft-drink, biche se cambrant sous un flot de liquide orangé, cactus provocant… Sensuelle, débridée, la petite bouteille ronde Orangina est de retour, toute pulpe dehors.”

Et pour terminer, un exemple extrait de mes propres travaux ; il s’agit du synopsis d’un spot publicitaire pour le Centre Commercial Les Tanneurs, à l’occasion de la Saint Valentin. Soyez sympas, l’opé n’est pas facile à traiter : “Qui aura la meilleure Saint Valentin ? A la terrasse d’un café, deux copines crânent : la première se vante de passer une soirée au théâtre avec son Valentin, la seconde lui cloue le bec en lui disant qu’elle a rendez-vous aux Tanneurs avec… Mister Love !”

Une question ou une remarque ?

Share This Post

Les étapes de la création (ou conception) publicitaire

0
Filed under CONCEPTION

J’ai remarqué de nombreuses requêtes autour de ce sujet : les étapes de la création (ou de la conception) publicitaire, donc je pense qu’il est temps de répondre clairement à tous les visiteurs qui recherchent cette information. Je me base ici sur ma propre expérience et précise (ceux qui sont en agence le comprendront) que la méthodologie peut fluctuer selon le contexte. Ainsi, on verra rarement un brief créatif similaire en passant d’une agence de pub à une autre.

En principe, la conception publicitaire s’échelonne en quelques étapes génériques : le brief client à la source, envoyé aux chefs de pub puis transformé en brief créatif pour le concepteur-rédacteur et/ou le directeur artistique. On passe automatiquement à la réunion de briefing, à la réflexion créative qui en découle, avec un débrief, et enfin à la conception de maquettes ou “propales” définitives que l’on présente au client dans le cadre d’une préco.

La phase brief/réflexion/débrief peut être répétée plusieurs fois si les pistes dégagées ne conviennent pas ! Donc, pour résumer, dans l’ordre logique :

  1. Brief client : le client soumet à l’agence un document dans lequel il expose l’ensemble des éléments à connaître (positionnement, contexte, cible, etc) et les objectifs de communication.
  2. Brief créatif : les chefs de projet ou chefs de pub étudient la demande du client pour en dégager l’essentiel. Avec ou sans (c’est selon) les créatifs concernés par le projet, les commerciaux rédigent le brief créatif, qui devient la plateforme de recherche pour le CR et/ou le DA. Ce brief comportera notamment les choix en matière de supports & médias, le message choisi, le ton de la communication, les contraintes, etc.
  3. Réunion de briefing : le brief créatif est exposé de vive-voix par le ou la chef de pub en charge de la campagne. Le but de cette réunion de briefing est de mettre au clair les zones d’ombre potentielles et de permettre aux créatifs de poser toutes les questions qui leur passent par la tête. Ainsi il m’arrive même de réclamer la promesse principale, si elle n’est pas à définir par nous-même.
  4. Réflexion créative : j’ai déjà parlé de cette étape, mais aussi de quelques-unes des méthodes employées pour trouver un concept publicitaire ou un nom de marque, dans de précédents articles. Je vous rappelle simplement que lors de cette phase, les créatifs travaillent en fonction de leurs affinités. Ils peuvent procéder à un brainstorm de déblayage, s’ils aiment travailler en team dès le départ, ou réfléchir chacun de leur côté “pour mieux se retrouver ensuite”, selon la formule d’un autre concepteur-rédacteur, Didier Lavanant (auteur du livre Concepteur-rédacteur en publicité, que je vous conseille).
  5. Débriefing : première étape “difficile” puisque les créatifs vont devoir défendre leurs idées, les pistes choisies, devant le ou la chef de pub. Tout l’enjeu, ici, est de présenter un concept “lisse”, clair, attrayant et justifiable ! J’aime personnellement utiliser, depuis mon passage chez Insitaction, un synopsis publicitaire pour appuyer mes idées. Le synopsis a l’avantage de poser le concept sur papier, de le présenter sous son meilleur jour. Au cours de ce débriefing, les idées sont discutées, mises en stand-by, rejetées, acceptées…
  6. Conception des propales (propositions, maquettes ou “concept-boards”) : de concert, le concepteur-rédacteur et son DA (ou l’inverse :D) passent à l’étape “créa”. Les maquettes sont réalisées, relues par le CR, vérifiées puis validées par le chef de pub. Le DA passe à la dernière étape dite de “contreplaquage”, c’est-à-dire le collage des maquettes sur kadapack.

Bien sûr, ces quelques étapes peuvent vous sembler rapidement enchaînées. Mais il peut s’écouler plusieurs semaines entre le briefing et la présentation finale au client, même si les “deadlines” serrées font que le process de conception publicitaire est souvent accéléré. Qu’avez-vous à ajouter à cette présentation ? Un détail important, une question ? Fonctionnez-vous d’une autre manière dans votre agence ?

Share This Post