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L’emailing de relance 2.0 : “back to basic” ?

Mercredi, juin 11th, 2008

Si vous ne connaissez pas encore Trendswatching.com, je vous conseille de vous ruer dès maintenant sur ce site. Des briefs de tendance complets et clairvoyants (en anglais) y sont régulièrement publiés. Etant abonné aux parutions de Trendswatching, je reçois ponctuellement les messages d’alerte et à l’occasion, des emailings de relance assez sympas. Je me suis dis qu’il serait intéressant d’en partager un exemple avec vous, parce qu’un simple email texte peut parfois s’avérer efficace.

Emailing Trendswatching

Un exemple d’emailing Trendswatching

Emailing de relance trendswatching

L’emailing de relance signé Trendswatching

L’approche de Trendswatching est parfaitement dans l’air du temps. Egale à son image : jeune, moderne, graphiquement et rédactionnellement pétillante.

La newsletter, par exemple, ne fait pas de chichi, composée d’un simple header aux couleurs vives, d’une accroche grasse et d’un court texte de séduction… avec un lien hypertexte basique pour call to action. On va à l’essentiel, mais on le fait bien.

La piqûre de rappel (qui ne mérite pas son nom tant le contact est subtil) est encore plus épurée : texte, lien, signature du fondateur. Un point c’est tout. On a l’impression de recevoir un email classique de la part de l’un de ses contacts. D’ailleurs, le ton y est, entre légèreté, empathie et humour. Du coup, une sorte de connivence se crée entre Trendswatching.com et l’utilisateur. On se connaît.

La cerise (ou le détail) sur le gateau : il ne s’agit pas d’un noreply mais bien d’une adresse “personnelle”. Si c’est pas de la relation client ça ?

Personnellement, je vois mal une marque bien assise utiliser ce procédé, mais ça peut être très efficace pour les jeunes startups et services on line – qui ont une sorte de légitimité 2.0. Puisque nous sommes plongés dans une logique de dialogue entre la marque et le consommateur, pourquoi pas un petit “back to basic”, en emailing ? Animoto ou Copywriting.com, par exemple, communiquent de la même manière. Votre ressenti ?

P.S. : attention quand même à ne pas être pris pour un charlatan du Web, dont l’une des caractéristiques est d’envoyer des emails texte renvoyant invariablement sur une page de vente.

Emailing comme marque déposée… et 6 raisons d’être contents…

Lundi, juin 9th, 2008

C’est l’affaire qui fout en rogne pas mal d’acteurs du web marketing : le terme “emailing” serait désormais une marque déposée, hormis sur le continent nord-américain. Evidemment, les professionnels de la communication on line s’agitent contre le dépositaire (l’agence Ludopia), au travers d’une pétition, tandis que d’autres doutent ou se foutent royalement du dérapage. En tout cas de ce qui ressemble à un dépôt improbable. Mais qu’a foutu l’INPI ?

J’ai mis un peu de temps à réagir, mais je voulais le faire à tête reposée et surtout rappeler les termes de la réglementation en dépôt de marque. La loi dit clairement que sont non déposables les “signes et dénominations qui dans le langage courant ou professionnel sont exclusivement la désignation générique ou usuelle du produit ou du service” (Industrie.gouv.fr).

Bref, le mot est entré dans le langage commun et sert à désigner un service ou produit usuel ? Alors vous pouvez toujours courir pour en faire une marque.

D’abord, “emailing”, c’est quoi ? Un mot génériquement employé en web marketing pour les campagnes d’email-marketing. Le souci, c’est qu’on peut parler d’e-mail marketing, d’e-mailing, de courriel marketing… et que le terme “emailing” n’est visiblement pas entré dans les principaux dictionnaires de référence. Sauf erreur de ma part. La question de fond est donc dérangeante : “emailing” est-il vraiment un terme usuel et distinctif ?

Mais j’avoue que le dépôt me choque aussi, s’il est effectif. Parce que j’emploie toujours le mot “emailing” dans le cadre de mon métier, et qu’il est devenu pour moi un terme aussi usuel que “blog”, “triptyque” ou “flyer”. Il s’agit bien, dès lors, d’un terme courant dans un secteur professionnel : la communication ! Qu’un débat soit lancé ou non, d’un point de vue juridique, pas de doute, le terme “emailing” ne devrait pas devenir marque. C’est un vrai abus. Votre avis ?

Maintenant, je me mets à la place des dirigeants de Ludopia. Quel impact cette affaire aura-t-elle sur leur image ? L’exclusivité commerciale du terme (de la marque) “emailing” pourra-t-elle contrebalancer une éventuelle perte de confiance de la clientèle ? N’ont-ils pas peur de perdre leur temps dans les tribunaux ? Etc etc.

Puisqu’on y est, pourquoi ne pas prendre le problème à l’envers en donnant tous les points positifs de ce dépôt ? Allons-y :

  • Bénéfice n°1 : le terme “emailing” déposé, je suis obligé de dépoussiérer ma communication en innovant en web marketing… je passe au vidéo-mail !
  • Bénéfice n°2 : ça fait un terme technique de moins dans mes discussions avec mes proches, donc je serai plus facilement compris, ça ne fait pas de mal,
  • Bénéfice n°3 : je ne ferai plus de campagnes adwords coûteuses et peu rentables sur ce mot, ouf !
  • Bénéfice n°4 : je quitte le web marketing définitivement pour me reconvertir dans la spéculation boursière, ça rapporte plus,
  • Bénéfice n°5 : je vais pouvoir provoquer mes contacts professionnels étrangers en rappelant qu’ils ne peuvent plus utiliser “emailing” grâce à un compatriote,
  • Bénéfice n°6 : peut-être que “c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres” en dépôt de marque ? Vite, je vais déposer “concepteur-rédacteur” (ben oui, pour 90% des gens, ce n’est pas usuel)
  • :D