
Cet article est une première contribution d’Isabelle Gerard, conceptrice-rédactrice spécialisée dans le secteur de la communication RH. Comme tout(e) professionnel(le) du contenu, l’une de ses missions est de bien adapter ses créations aux contraintes du référencement. Souhaitons-lui la bienvenue et profitons de sa tribune libre
Mettre en place une stratégie de contenu, c’est bien. L’accompagner d’une stratégie de référencement, c’est mieux. En tout cas, lorsque le contenu est diffusé sur Internet : avant que le contenu ne se dissémine sur la toile, il doit être trouvé.
C’est d’autant plus une réalité que, bientôt, nous entrerons dans l’ère du Web sémantique. Consécration de la stratégie de contenu online ? Peut-être si l’on en croit la définition du concept sur Wikipedia :
Le Web sémantique désigne un ensemble de technologies visant à rendre le contenu des ressources du World Wide Web accessible et utilisable par les programmes et agents logiciels, grâce à un système de métadonnées formelles, utilisant notamment la famille de langages développés par le W3C
Non seulement le contenu sera compréhensible par les hommes mais aussi par les machines. Internet deviendrait alors un formidable outil capable de répondre à nos requêtes avec intelligence. Nous n’en sommes pas encore là. Mais déjà Google s’y met. Des brevets ont été déposés il y a quelques années afin de construire un ‘moteur de recherche programmable’ qui devrait représenter une partie du Web sémantique à la Google. Plus récemment, le moteur de recherche a commencé à VRAIMENT répondre aux questions qui lui sont posées. On y arrive bientôt ! Et le contenu n’aura jamais représenté autant.
Il est donc grand temps de penser à sa stratégie de référencement. Autant l’on peut payer pour apparaître en première position des liens sponsorisés, autant le référencement naturel (SEO pour les intimes) tend de plus en plus à privilégier le contenu.
Travailler les textes d’un site web pour optimiser leur positionnement dans les moteurs de recherche deviendrait presque une gageure. Il ne s’agit plus seulement de proposer un contenu de qualité mais bien d’y placer intelligemment des mots clés. De quoi s’arracher les cheveux parfois.
Un rédacteur web ne perdra cependant pas de vue que le contenu doit rester lisible et attractif. Le référencement se joue aussi avec le backlinking. Un contenu intéressant et qualitatif aura plus de chance d’être naturellement relevé et lié par d’autres internautes.
Il s’agit donc d’un équilibre subtil dans l’écriture, qui doit respecter aussi bien la stratégie de contenu que celle de référencement.
Ajout personnel : le web sémantique est effectivement l’un des grands enjeux à venir pour les producteurs de contenus sur les médias digitaux. Mais un enjeu qu’on a du mal à définir tant le concept est complexe, voire en plein développement ! Pour schématiser, nous travaillons actuellement les contenus avec une approche lexicale et syntaxique (recherche par termes précis, et par déclinaisons / synonymes), qui a jusqu’à présent été la norme sur Google. Mais avec le Web sémantique, la recherche devient « intelligente » et fonctionne par « concepts » (JDN : « L’opération s’effectue à partir d’une analyse du sens de la requête, c’est-à-dire en recherchant les mots sémantiquement proches de ceux qu’elle utilise. La recherche s’appuie alors sur un dictionnaire sémantique qui, à chaque mot de la langue, associe leurs différents sens »). On passe donc de la recherche par sigles (mots-clés) à la recherche par sens (champs de significations). L’enjeu pour le producteur de contenu : créer une réponse vraiment pertinente non plus pour une requête suroptimisée type « concepteur redacteur web » mais pour une question de l’internaute comme « où se trouve le concepteur rédacteur le plus actif du Web ? »
Il ne faudra donc plus se focaliser seulement sur l’optimisation des expressions-clés, mais offrir un contenu adapté aux besoins réels et surtout hiérarchisé de façon à préciser les caractéristiques de l’information, parce que les moteurs comprendront le contenu. Un grand pas pour les utilisateurs !
Une remarque ou une précision à partager ? Tous les avis sur le Web sémantique sont bons à prendre, avouons que le sujet n’est pas facile à aborder
Visuel par Dullhunk via Flickr
Dans le même genre, lisez aussi :
Tags : contenu online, google, isabelle gerard, référencement naturel, seo, stratégie de contenu, web sémantique


Bonjour,
Je suis tout à fait d’accord avec ce regard pondéré sur la prise en compte du référencement par le rédacteur web et je fais mienne cette phrase issue du post : « Il s’agit donc d’un équilibre subtil dans l’écriture, qui doit respecter aussi bien la stratégie de contenu que celle de référencement ». Mieux, je pense que le lecteur ne doit pas se rendre compte qu’il lit un texte optimisé pour le référencement. Il doit être pris par le sujet, son intérêt et la qualité de l’écriture.
Cela demande au rédacteur de maîtriser, dans l’ordre : 1/ le sujet traité, 2/ la rédaction, 3/ les contraintes du référencement sur la rédaction (je ne reviendrai pas sur le débat concernant la composante technique du référencement. Ange ajoutera un lien vers nos échange sur ce thème s’il le désire).
Pour moi qui cherche régulièrement des rédacteurs et en fait travailler plusieurs, le premier point est le plus important. Cela va peut-être sans dire. Mais cela va mieux en le disant. Toutes les déconvenues que j’ai rencontrées ces dernières années avec de nouvelles recrues étaient liées à leur difficulté à comprendre les sujets traités par mon agence éditoriale. Cette première étape étant franchie, le reste vient plus facilement. Et le référencement y a toute sa place.
Bonjour Jean-Yves,
C’est juste et cela explique le changement que j’ai opéré depuis un certain moment dans mes publications. Le souci d’optimisation passe plus que jamais par la qualité même du contenu.
La maîtrise du sujet est évidemment essentielle, c’est pour cela que je recommande un exercice stylistique appelé « messe » : il s’agit de traiter un sujet, un événement, un contenu, sous différents angles / styles d’écriture. C’est déjà un premier pas dans l’adaptation de l’écriture, reste quand même à comprendre réellement la thématique abordée. C’est autrement plus compliqué.
Notre échange au sujet de la rédaction Web et du référencement naturel : http://www.concepteur-redacteur-blog.com/2008/10/02/redacteur-web-referenceur-competence-pas-metier/#comment-529
Merci pour votre point de vue !
Ange a récemment publié un post : Les discussions passent (Twitter), les contenus restent (Google)…
Bonjour,
L’écriture Web, qui nécessite de s’immerger dans le sujet traité, ne doit-elle pas nous apprendre à désapprendre la culture du mot clé (et non la structuration de l’information). Les enjeux ne sont pas dans le positionnement, mais dans la fidélisation, et à ce jeu, Google ne peut rien pour nous ?
Bonne semaine à vous !
Arnaud Briand a récemment publié un post : Que devient Bill Gross, l’inventeur des AdWords ?