Ça, c’était l’incroyable une de l’Economist du 27 septembre. Après l’escalade lexicale qu’on connaît depuis plusieurs semaines, forcément, le vocabulaire de crise lui-même subit la pénurie.
C’est symptomatique quand même.
Vous n’entendez parler que de récession, de faillite, de flambée, de chute, de marasme, de stagnation, de krach… Dans tout cette m**de, il y a ceux qui se laissent porter, et ceux qui profitent de la crise en employant les mots qu’il faut. Vous voulez savoir lesquels ?
Prenez un dictionnaire des antonymes et cherchez-y tous les mots négatifs utilisés ces derniers temps. Ce qui nous donne comme résultats : abondance, calme, augmentation, prospérité, amélioration, équilibre, embellie, sécurité. Etc, etc.
(Surtout) Pendant la crise, le dictionnaire des antonymes sera votre source d’inspiration, votre ressource sûre en « mots magiques ». Evidemment, si vous bossez dans le marketing direct, je ne vous apprends rien. Vous savez à quel point les termes positifs sont importants pour séduire le cerveau reptilien…
Et merci à @Nico_Residents d’avoir partagé l’excellente une de l’Economist.
Tags : conception-rédaction, crise économique



Tabarnaque que t’es hot. (Tiens une baise de vocabulaire typiquement québécoise).
Plus sérieusement, je suis parfaitement en accord avec toi. L’effet d’entraînement vers le fond dans une crise comme celle-ci est très facile.
Non seulement il faut garder ce type de vocabulaire et d’attitude gagnante pour le cerveau reptilien mais il le faut pour notre motivation personnelle aussi.
À ne voir que la me*de devant nous, il ne faut commencer à la pousser sur les autres. En préférant dégager le chemin, certain vont décider de marcher dans nos traces.
C’est ça, passer à travers une crise.
Merci pour ce billet, Ange! Inspirant et motivant.
Oups!!! Une BAISSE de vocabulaire… Pas une baise! Je m’excuse pour cette faute de frappe, Ange! lolol
Je ne sais pas si le cerveau reptilien des cadres surmenés, des nouveaux pauvres (ou des anciens riches, la formule est réversible
et des chômeurs saura se contenter de termes positifs pour surmonter cette crise…
Michel Pebereau lui-même (peu connu pour ses sympathies marxistes) appelait ce matin sur France Inter à une « révolution » de la part des cadres…
Et pour accentuer cette prise de conscience, l’usage d’une sémantique adaptée, loin du politiquement correct et des règles du MD, me semblerait pertinente.
Sans oublier que les mots, même violents, peuvent constituer le dernier rempart contre la vraie violence, physique, en servant d’exutoires…
Qu’en pensez-vous ?
@Jordan : la faute est tellement énorme que je la laisse, tiens !
@Brunoh : pour sourire un peu, je citerai d’abord Coluche : « Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça. »
Sémantiquement correct pour moi ça équivaut à la langue de bois, qui cherche plutôt à atténuer la réalité plutôt qu’à la nier en bloc. Mon article était plutôt orienté marketing rédactionnel, j’y vois donc une grande différence : l’objectif est de s’appuyer sur le contexte pour créer des promesses efficaces… Certains annonceurs le font d’ailleurs déjà, comme en témoignent certains emailing ou spots tv.
Ta dernière remarque va dans le sens de la couverture de l’Economist. C’est excellent, frappant, comme tu le dis, une sorte de catharsis qui « humanise » la crise, la rendant finalement plus concrète, comme une angoisse qui serait devenue peur. C’en est presque… rassurant.
En tous les cas j’aimerais voir quelqu’un traiter la question sémantique en lien avec cette période si riche en paradoxes.
Cette « faute » de Jordan s’apparenterait plutôt, selon moi, à un lapsus calami assez hilarant…
La « baise de vocabulaire » devient en effet une pratique de plus en plus courante dans le contexte actuel.
Et cela reflète de façon très juste le sentiment ressenti par la population face à ces financiers qui viennent de perdre des milliards en jouant avec l’économie comme s’il s’était agi d’un vulgaire casino… dont la roulette (de plus en plus russe) semble d’ailleurs avoir cessé de fonctionner de façon optimale (allez, une ptite baise de vocabulaire, histoire de détendre l’atmosphère…)
La question sémantique qui se pose à nous peut en effet, si l’on aime la provoc et l’humour noir (politesse du désespoir, parait-il…), déboucher sur des campagnes créatives et décalées. Voilà pour ce qui est de la forme.
Cependant, puisqu’il me paraît hasardeux de la dissocier du fond, je vous invite à lire cet excellent article de Bernard Stiegler sur Marianne 2 :
http://m.marianne2.fr/index.php?action=article&numero=92024&more=2
Cette « politique du court terme » ne concerne-t-elle pas aussi la sémantique ?
En effet beau lapsus, ça m’a bien fait sourire
La politique du court terme s’assimile à la manipulation (en tout cas y est fortement liée) mais pour agir sur le long terme – ce qui est essentiel à mon sens – le discours se doit d’être construit avec objectivité, d’être rationalisé, créer une plus forte confiance.
C’est un peu comme un rapport amoureux en fait : one shot ou construction d’une relation durable. Séduction vs Sincérité ? Pulsion vs Relation ?
Ok, je pousse peut-être un peu loin…
Article très intéressant Brunoh.