Le marché du rédacteur est-il saturé ?

Si l’on en croit Google Trends, la rédaction web, le copywriting et les métiers éditoriaux font moins recette. Alors que, paradoxalement, les contenus publiés sur ces thèmes n’ont jamais été aussi nombreux… Et que les offres de postes ou de stages sont visiblement en hausse ! Décalage évocateur ? Les résultats plongeant obtenus dans ma petite recherche (inspirée par l’enquête éclair du blog Marketing 2.0) semblent en tout cas signaler une baisse d’intérêt.

statistiques google trends

Une vraie descente sur 4 termes-clés : “rédaction”, “rédacteur” pour la France, “editorial” et “copywriter” pour le Monde.

Globalement, comme vous pouvez le voir ci-dessus avec les requêtes “rédaction”, “rédacteur” (France), “editorial” et “copywriter” (Monde), la tendance est exponentiellement négative. Et ce malgré l’heure de reconnaissance du rédacteur / éditeur web / seo copywriter, influencée par le challenge du référencement naturel et des contraintes d’utilisabilité. Que faut-il en déduire ? Hypothèses :

  • Il y a trop de rédacteurs web, seo copywriter, webmaster éditoriaux et autres concepteurs-rédacteurs autoproclamés sur le marché de la communication on & off line.
  • Il y a une perte de confiance envers le copywriting, ce qui pourrait être dû au grand nombre de charlatans ou pseudos-gourous agissant sur le Web.
  • Le marketing rédactionnel intéresse moins. Je n’y crois pas trop, et ça irait à contresens de ma première hypothèse.
  • Le contenu écrit online étant peut-être considéré comme un simple texte optimisé, les entreprises et webmaster pensent pouvoir faire abstraction d’un expert de la rédaction web.
  • Le métier de concepteur-rédacteur / éditeur web / seo copywriter n’est plus considéré que comme une compétence et peut donc être potentiellement maîtrisé par d’autres profils polyvalents.
  • La multiplication des UGC optimisés limite de plus en plus les besoins en rédaction web.
  • Le texte est en perte de vitesse, les métiers de l’écrit avec.
  • Il faut tenir compte de la hausse de la population connectée, ce qui peut réduire la proportion de requêtes sur ces termes.
  • Les internautes tapent plus souvent des “expressions-clés” plutôt que des mots uniques, et Google Trends n’en tient pas compte.

Tout ça peut vous paraître simpliste ou fataliste, mais je ne vois pas d’autres remarques. Qu’en pensez-vous ?

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9 Responses to “Le marché du rédacteur est-il saturé ?”

  1. barbaize Says:

    Bonjour,

    Conceptrice-rédactrice en “phase de décollage”, je suis assez d’accord avec l’hypothèse selon laquelle, beaucoup pensent pouvoir faire abstraction d’un professionnel de la rédaction. Beaucoup négligent le fait que le contenu rédactionnel d’un site, c’est son capital réussite. Au-delà, bien écrire, avoir un très bon esprit de synthèse, savoir mettre en mots les pensées ou besoin des clients, c’est un véritable métier. Si certains ont la chance d’être “multi-compétences” et de pouvoir à la fois créer un site et en faire le contenu, grand bien leur fasse. Moi je dis: “chacun son truc!”

  2. Cindy King Says:

    Personnellement, je crois qu’il faut regarder cela avec un peu du bon sens.

    J’ai quelques remarques vite fait d’un point du vu d’un copywriter anglophone :

    On demande plus des copywriters : ce n’est plus une simple compétence en copywriting, c’est plus une question d’expertise en marketing, et de la stratégie du web et ce que je crois qu’on appelle en France de l’ergonomie. Le rédacteur web ne pourra pas faire un vrai travail s’il n’a pas ces compétences.

    Il y a beaucoup de « rédacteurs web » qui n’ont soit pas la formation soit pas l’expérience nécessaire…sans parler de l’expertise dans les domaines mentionnés ci-dessus. Cela prends du temps d’acquérir cette compétence… et parfois il faut passer par des parcours bien définis pour vraiment acquérir une compétence - dans le domaine des finances par exemple.

    Personnellement, je suis très optimiste.

    Un bon vendeur trouve toujours du travail, dans toutes les économies, bonnes ou mauvaises. Le copywriting de base est le métier de vendre par l’écrit. (Oui je sais que cela heurte des âmes français.) Si on le maitrise il n’y a aucun souci à se faire.

    Un bon copywriter web est toujours très demandé, aujourd’hui aussi, mais c’est vrai, il doit avoir d’autres compétences aussi, forcément…ou il doit être très spécialisé et bien maitriser la spécialisaiton.

  3. Ange Says:

    Bonjour,
    Un point de vue partagé sur l’aspect multitâches du métier, qui va d’ailleurs au-delà de l’ergonomie. Je suis également optimiste sur les perspectives du marché, en tout cas pour les professionnels d’expérience qui sauront tirer leur épingle du jeu en ne considérant la (conception)rédaction que comme une compétence de base.
    Comme je l’expliquais à un contact il y a 2-3 jours, par téléphone, le simple rédac’ publicitaire a peu de chance de trouver sa place. Viennent s’ajouter une bonne connaissance des tendances, une aptitude à la planification stratégique et surtout des techniques de base en développement, référencement, architecture d’info… Sans oublier l’ingéniosité propre au job !
    Merci pour votre regard de copywriter anglophone :-)

  4. Ange Says:

    Bonjour Sophie,
    J’ai mis un peu de temps à te répondre, tu ne m’en voudras pas. Tu exprimes exactement la façon de voir de nombreux (et nombreuses) CR : étant donné que tout le monde sait écrire, et qu’on pense que le CR n’est qu’un gratte-papier, la majorité des professionnels croient pouvoir faire abstraction d’un expert du verbe et créatif par-dessus tout. Ce qui n’est as le cas de tous les pros, beaucoup prennent conscience, c’est mon sentiment, de l’importance de la qualité du contenu, de son optimisation commerciale et technique… et bien entendu de l’ingéniosité propre à notre métier.
    Merci de ton commentaire :-)

  5. Jean-Yves Garel Says:

    Je rejoins Cindy, à ma façon. Je crois que la période des « vaches maigres » est derrière nous, à condition que les concepteurs rédacteurs sachent valoriser leur métier et se montrer à la hauteur de leurs promesses. Je m’explique.

    Concepteur rédacteur en communication écrite (pas en pub) depuis plus de vingt ans, j’ai vu la profession être tirée progressivement vers le bas. Pour faire court : la montée en puissance des grandes agences de presse d’entreprise a concentré le métier sur l’activité de journaliste d’entreprise, considéré (à tord) comme un « pisse-copie » chargé de mettre en forme des messages formatés en amont par d’autres. Cela s’est traduit, non pas par moins de travail, mais par une absence de reconnaissance et des rémunérations en chute libre. Pour ma part, je m’en suis tiré en travaillant en direct pour des annonceurs exigeants, qui attendaient de moi une forte valeur ajoutée sur le contenu : aide au positionnement, analyse synthèse, mise en convergence d’avis différents, organisation des messages, recherche d’informations…

    C’est dans ce sens que nous devons aller : revendiquer notre rôle de conseil sur le contenu, en amont de l’écriture, y compris pour un « simple » article, et encore plus pour les sites Internet complets, les brochures, les rapports annuels, etc. Et là, il y a de la demande ! Si Ange me le permet, je vous propose de vous reporter à ma proposition de référentiel des prestations de rédaction sur le site http://www.dithyrambe.fr. Il vise à bien distinguer les différents niveaux de service que nous pouvons proposer. Certains ne sont accessibles qu’aux plus expérimentés et demandent beaucoup de compétences. Il y a donc une vraie progression de carrière au sein du métier de concepteur rédacteur.

  6. Ange Says:

    @ Jean-Yves : je vous permets bien sûr de parler de Dithyrambe, que je connais pour ses articles de haute qualité.
    Votre expérience parle. Et quoique tout frais dans le secteur, je comprend en grande partie votre vision du métier. La conception-rédaction est protéiforme : c’est en effet un ensemble de savoir-faire qui, combinés, deviennent essentiels dans le cadre d’une stratégie de communication. Je le vis au quotidien, puisque je suis amené à pratiquer une veille stratégique, à participer aux brainstorming, à aiguiller les “stratèges” dans le cadre de leurs recommendations, à intervenir en branding, et bien sûr à produire des textes de haute qualité.
    Ces compétences se croisent et le concepteur-rédacteur , s’il fait bien son travail, tire vite son épingle du jeu. Devient incontournable.

  7. sofiano Says:

    bonjour! je viens de rejoindre le blog et je ne peux qu’apporter de l’eau à votre moulin. j’exerce du côté sud de la rive méditéranéenne et de ce point de vue, en algérie, les CR ne sont pas légions. on est peu à pratiquer à titre professionnel. la rédaction ici est également considérer comme un travail de gratte-papier. Les chefs de pub, véritables taignes(dsl pour les plus sensibles)s’imaginent pouvoir exprimer parfaitement les requêtes des clients. Les mots et les verbes, à ce niveau, leurs paraîssent faciles.
    Il n’en demeure pas moins que le copywriting recquiert beaucoup de concentration, de recherches et de patiences sont indispensables et rares sont ceux qui y résistent avant de sombrer dans le dégoût du métier. Voir lm’abandon de la vocation de cratifs aux mots tant nécessaires à la vente de produits.

  8. Ange Says:

    Salut Sofiano,
    Bienvenue donc, et pour te donner mon point de vue “au nord de la méditerranée” (même si à l’origine je suis en plein milieu…), beaucoup de petites agences de com’ considèrent le CR comme un gratte-papier. Ma première expérience me l’a fait durement ressentir, mais avec l’évolution professionnelle que j’ai choisie, on reconnaît beaucoup plus mon métier pour ce qu’il est.
    C’est un fait, parce que tout le monde sait plus ou moins écrire, trop souvent, des communicants pensent pouvoir faire le travail d’un CR. Ce qui peut amener à des frictions internes (vécues de mon côté), mais il ne faut pas généraliser.
    Le métier est passionnant. Ce sont les gens avec qui l’on travaille qui réduisent sa valeur.
    Tu exerces en agence ou en free ?

  9. Des vacances pour le CR ! | LE BLOG DU CONCEPTEUR-REDACTEUR Says:

    [...] de conception-rédaction magistrale”, “Introduction au bolo-bolo publicitaire”, “Le marché du rédacteur est-il saturé ?”, “Brève et chapô, même combat ?”, “100 mots… et l’internaute ne [...]

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