Rédacteur Web… ou Editeur Web ?

Vous avez peut-être remarqué que le Blog du Concepteur-Rédacteur, en plus de faire sa (jolie) mue, s’était légèrement repositionné avec la baseline “Edition Web & Creative Marketing”. C’est dans la logique de ma ligne éditoriale, et surtout dans celle de mon métier. D’abord créatif et plus ou moins expert des tournures publicitaires, il m’arrive aussi de gérer la partie éditoriale d’un projet web – comme en témoigne ce blog. Mais alors me direz-vous : rédacteur web ou… éditeur web ?

Si vous cherchez sur le moteur le plus puissant du monde, vous verrez qu’il existe plusieurs définitions pour “éditeur web” (aussi appelé “webmaster éditorial” ou “édimestre”, à ne pas confondre avec le “webmaster”, pur technicien chargé de l’administration d’un site). Normal, puisque les formations commencent à fleurir en France comme ailleurs, ce qui tend à créer quelques divergences au niveau de la définition du métier. Quant au rédacteur web, eh bien… vous n’aurez pas de mal à trouver votre bonheur. Les rédacteurs web pullulent sur le net, malgré l’aspect “réducteur” – à mon sens – de ce statut.

Ce que fait le rédacteur web

Je risque de m’en prendre plein la tête en disant que le rédacteur web est un peu l’exé de l’éditorial online. Il maîtrise la langue française, dispose d’une écriture souple, rapide et synthétique, est à l’aise avec les problématiques de référencement et évidemment, connaît les bases du HTML.

Le rôle du rédacteur web : produire des contenus rédactionnels optimisés pour les moteurs (euh… Google) et les utilisateurs. Cela passe notamment par la sélection des mots ou expressions-clés, la rédaction des titres et métadonnées d’un site web, la création ou le rewriting de contenus online (pages, articles, micro-textes, livres blancs, communiqués virtuels, newsletter et emailings, etc). Tout rédacteur Web doit manipuler les CMS (Content Management System, systèmes de gestion de contenu) avec facilité et connaître les contraintes techniques et ergonomiques de la mise en ligne de contenus.

Ce que fait l’éditeur web

L’éditeur web a les compétences du rédacteur web… et plus encore. L’éditeur web n’est pas seulement un technicien, c’est un ingénieur de l’éditorial. Le monde de l’information online est son terrain d’expertise, de la création de contenu à leur architecture en passant par leur promotion.

Le rôle de l’éditeur web inclut toutes les missions d’un rédacteur web. A celles-ci s’ajoutent : la prise en charge stratégique des aspects éditoriaux d’un projet online, les préconisations liées à l’utilisabilité des interfaces (ergonomie et efficacité de l’information). Pour remplir ces missions, tout éditeur web doit avoir une forte affinité avec le e-marketing, les médias numériques (rich média, podcasting…) et les systèmes de gestion de contenu. Les aptitudes techniques et managériales, en clair, sont accentuées.

Certaines écoles ou formations universitaires font de l’éditeur web un expert au double profil : à la fois rédacteur en chef et chef de projet, au fait des contraintes budgétaires et juridiques. Bref, un vrai responsable éditorial, mais à la sauce multimédias.

Alors : rédacteur web ou éditeur web ?

N’est pas éditeur web qui veut. Et un bon rédacteur web, je tiens à le préciser, aura parfois une dimension de conseil non négligeable. Entre les 2 statuts, je dirais que c’est l’expérience qui fait la différence.

J’ai moi-même apporté ma patte de CR junior à un beau projet éditorial online, celui du Salon Créer 2007 ; entre autres, j’étais garant du respect de la ligne éditoriale, de la production de contenus et des partenariats éditoriaux, de la traduction pour la version anglaise du site, du référencement naturel, de l’encadrement lors de la conception d’une animation institutionnelle… Et bien évidemment responsable des différentes mises à jour éditoriales et des envois de newsletters via un CMS ultra-complet (créé par Euro RSCG Rennes).

Depuis cette première immersion dans la peau du webmaster éditorial, j’ai également contribué à la conception d’un dossier de projet (24 pages quand même), défini plusieurs architectures de (petits à moyens) sites web, rédigé des centaines de contenus optimisés pour le référencement et les utilisateurs ou encore partagé mon regard de concepteur-rédacteur sur diverses créations multimédias. Etc.

Je vous avoue que je n’ai pas eu LA formation “typique” pour ce métier, et qu’il me reste pas mal de choses à apprendre, ne serait-ce qu’au niveau de l’ergonomie. Le Blog du Concepteur-Rédacteur, entre nous, est un peu mon terrain de perfectionnement… Je serais maintenant très intéressé par votre avis : avez-vous quelque chose à ajouter ou à modifier ? Toutes vos remarques sont bonnes à prendre, et je me doute bien qu’il y a quelques rédac’ ou éditeurs parmi mes lecteurs (prétentieux que je suis, n’est-ce-pas ?).

7 Comments

  1. 14:44 - septembre 3rd, 2008

    Eve Demange says:

    Salut Ange,

    Je me suis aussi souvent posée cette quetion, à savoir : comment s’appelle le professionnel qui conçoit le contenu éditorial d’un site web ? Est-ce un rédacteur web qui travaille en binôme avec un DA, un éditeur web, un concepteur-rédacteur web, un webmaster éditorial ??
    Avec le temps, les termes s’affinent mais en 98 par exemple, c’était le flou total. Et à vrai dire, je ne trouve pas que ce soit encore bien clair…

    Merci pour ton article qui participe à l’élaboration de règles communes pour définir notre métier !

    Voici mon sentiment personnel :
    - Le webmaster éditorial : maintient le contenu du site au quotidien, surveille l’audience, gère la production du contenu, etc. Ce travail peut aussi être fait par un webmaster + rédacteurs web. Cela permet de couvrir aussi les aspects techniques.
    - Le responsable éditorial web : responsable de la ligne éditorial, rôle d’encadrement des équipes de production de contenu
    - Le rédacteur web : il conçoit les textes informatifs, publicitaires, le wording, les fiches produits, éventuellement les fonctionnalités sympas avec le marketing.
    - L’éditeur web : il conçoit l’architecture du site au niveau du contenu, est garant de la charte éditoriale
    - Le concepteur rédacteur web : conçoit un site web du point de vue du contenu, les fonctionnalités avec le marketing. Son job recoupe un peu celui de l’éditeur et du rédacteur web mais il est plus orienté “pub”.
    - Le journaliste web : c’est un bon journaliste qui sait écrire pour être lu en ligne. Il est très fort pour la titraille et vendre l’information.

    Editeur web serait le mieux approprié pour décrire la conception de site web du point de vue de l’éditorial mais je n’ai pas l’impression que ce terme soit populaire pour l’instant. “Rédacteur web” est moins valorisant mais beaucoup mieux compris de tout le monde.

    Qu’en pensez-vous ?
    Eve

  2. 16:29 - septembre 6th, 2008

    Ange says:

    Bonjour Eve,
    Merci pour votre participation à cette réflexion. Je prendrai seulement exemple sur l’agence Angie, qui présente comme baseline… “Editeur”.
    Le terme me semble assez large et clair pour parcourir l’ensemble des missions de publication, de promotion, d’optimisation, etc. Mon regard de concepteur-rédacteur est effectivement plus publicitaire, mais la formation technique m’a permis de compléter cette approche.
    Qu’en est-il de vous ? A quel profil répondez-vous le mieux ?

  3. 15:29 - septembre 9th, 2008

    Eve says:

    C’est vrai qu’Angie se présente comme un “éditeur multicanal”…

    Longtemps je me suis présentée comme concepteur/rédacteur web car l’éditorial web implique la création non seulement de contenus écrits ou vidéos mais aussi de “produits éditoriaux” comme les applications, ludiques, utiles et fidélisantes. Par ailleurs, l’interface écrite, les mots qui permettent aux utilisateurs de naviguer dans le site, doit être pensée et conçue, et non juste rédigée comme pour un article.

    Mais je me suis rendue compte que les clients confondaient souvent cette fonction avec celle du C/R pub et me demandaient par exemple de concevoir des baselines, ce qui sort de mon domaine de compétence.

    Aujourd’hui je me présente comme “chef de projet éditorial” mais j’avoue que c’est un casse-tête :-)

    Eve

    http://www.plume-interactive.com

  4. 22:46 - septembre 9th, 2008

    Ange says:

    Eve, je comprends complètement votre position qui est de se définir correctement tout en étant clair et compréhensible pour les clients… Encore que cela soit plus facile en agence. Du coup, lorsqu’il s’agit de me “définir” en dehors, je m’adapte au profil du client : tantôt concepteur-rédacteur, tantôt chef de projet éditorial, tantôt rédacteur web… En fait, la meilleure stratégie est de faire le caméléon. Qu’en pensez-vous ?

  5. 23:49 - mai 4th, 2009

    Christophe Didier says:

    Bonsoir Ange,

    Post très intéressant parce que définitions très problématiques…
    J’ai 33 ans et mon expérience de news editor pour un grand quotidien français - dont je ne fais plus partie - m’incite à partager ma vision de la chose. Même si la spécificité du job fait que je vais vous parler d’un point de vue purement journalistique.

    Je suis d’accord avec toi, Ange, à la différence d’un mot qui change finalement tout le sens. Il ne faut pas “faire le caméléon” mais “être” un camaléon.

    Car aujourd’hui, si vous cherchez un job de rédacteur web, de journaliste web, d’éditeur web, l’enjeu est simple : vous devez savoir tout faire. C’est à dire qu’en tant que journaliste, vous devez avoir aussi quelques notions de html, voire de xml, voire de css etc… pour pouvoir mettre en valeur votre texte. Des notions également dans les médias sociaux de manière à faciliter la transmission d’info. Quelques notions de marketing (web of course) histoire de dynamiser votre propos en l’illustrant, de rich medias si possible. A l’instar du concepteur-rédacteur à qui l’on demandera certaines compétences journalistiques (et ton blog en est la parfaite illustration), etc…
    Pour résumer, il faut avoir des expériences très variées alors qu’à la base, on nous apprend à nous spécialiser dans notre métier.
    Et tu soulignes très bien, ainsi que Eve de par votre vécu, que “ça dépend du client”… c’est à dire qu’il faut s’adapter à une clientèle toujours changeante. D’où le terme très juste de caméléon.

    Et pour les bacheliers de demain, toute la problématique est là : ils voient leurs parents faire des stages non plus pour se perfectionner mais pour se diversifier ! A 45 ans vous imaginez ?
    Les jeunes sont formés à un poste pour lequel on leur demande plus de compétences que ce qu’on leur a enseigné.

    Pour conclure, il faut : soit apprendre sur le tas, avec les stages. Soit apprendre par soi-même, en wifi sur le canapé. Puis être capable de le démontrer une fois embauché, en s’adaptant (enfin attention à Internet car vous avez accès à tout, mais en théorie. Pour la pratique, c’est autre chose… sauf s’il s’agit d’Internet lui-même. Et encore, il faut parfois vérifier ses sources (”parfois” ironique bien sûr ;))

  6. 10:19 - mai 6th, 2009

    Ange says:

    Bonjour Christophe,

    Ce ne serait pas le Figaro.fr par hasard ? ;-)
    Plus que jamais d’accord sur le fait que notre métier exige une polyvalence maîtrisée ! C’est ce que j’essaie de faire comprendre à pas mal d’étudiants qui me contactent via ce blog : n’hésitez pas à vous diversifier, à mettre les mains dans le cambouis. Les plus performants sur différentes compétences s’en sortent mieux en ce moment.
    Alors est-ce que le fait d’avoir une spécialité “de niche” est une bonne idée ?

  7. 12:23 - mai 6th, 2009

    Christophe Didier says:

    Hello,
    Différentes compétences, certes, et j’ajoute que de façon naturelle, instinctive même, l’une d’elles prend le dessus. Et d’ailleurs ce n’est pas forcément celle que l’on maîtrise le plus, malheureusement !
    Pour la spécialité de niche, je dirai même que c’est indispensable. Il faut toujours avoir une qualification en plus que peu de gens possèdent, mais que tous les employeurs recherchent !
    Si je me base sur ton blog et sur le peu que je sais de ton profil, par exemple, tu sembles très actif - et efficace - sur les médias sociaux. Est-ce le cas pour tous les concepteurs-rédacteurs ? J’en doute. Certains s’exposent moins et préfèrent travailler dans l’ombre. Ca ne les empêche nullement d’être de très bons communicants…

    (Tu as trouvé l’info où pour le Fig ? C’est pour mes stats perso :)

1 Trackback

  1. 7:12 - juillet 15th, 2008

    [...] combat ?”, “100 mots… et l’internaute ne lit que 50% de vos infos”, “Rédacteur web ou Editeur web ?”, “Le synopsis publicitaire : définition, utilité et bonnes pratiques”, [...]

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