Bref, ma Page Facebook a disparu (mais tout va bien)

Publié le 26 janvier 2012 - 2 Commentaires

Suppression Page Facebook

Coup de gueule du jour qui ne fera que confirmer l’avis bien tranché de Michelle Blanc concernant Facebook : vous n’êtes pas chez vous sur ce réseau social. Comme pour Google, il faut faire attention à la Facebook dépendance dans une stratégie digitale / social media. Je dis ça après 1 journée de doute, due à la disparition pure et simple de la Page d’un client. Sans explication, ni motif valable.

En résumé…
Hier après-midi : la Page Facebook est affichée comme inaccessible.
Ce matin, 9h : la Page n’existe plus. Là où un site affiche une erreur s’il est tombé, pour une Page Facebook, c’est redirection vers le newsfeed. Quand il y a 1 an de travail en recrutement et engagement, autant être franc, ça calme (ou l’inverse).
9h30 : point interne pour analyser les causes potentielles de la disparition (Facebook ne donne aucune info sur les raisons). Le problème étant que l’animation de cette Page est plus que clean, dans le respect des CGU, sans application… On commence donc à tourner en rond pour trouver les causes possibles (« Ca doit être encore un bug de la plateforme » – « Ou alors des signalements de Page ? » – « Tu crois que le compte a été hacké ?! – Non, vu que l’utilisateur est toujours là… »).
10h : prise de contact avec Facebook pour demander explications et réactivation.
18h : la Page Facebook de notre client est de retour. Ni vu ni connu.

Tout ça est anecdotique, me diront certains. Pour moi, c’est une énième alerte qui illustre ma pensée concernant les médias sociaux et plus particulièrement FB.

Cela m’amène à répéter : le social media n’est pas qu’une question de plateforme, mais bel et bien de démarche relationnelle transversale et cohérente avec sa clientèle, ses utilisateurs, son audience… Alors attention à la Facebook dépendance. Je ne rejette pas ce réseau social, loin de là : il a toute sa place dans un dispositif digital, à condition qu’on ne le considère pas comme le levier d’engagement central. Car en tant qu’entreprise, vous pouvez aussi tout perdre si vous y misez l’essentiel de vos contacts.

Si vous avez connu ce type de situation, les commentaires sont à vous !

Image via Undernews

[Print & Web] Quel tarifs pour un Rédacteur ?

Publié le 7 janvier 2012 - 11 Commentaires

TEXTile, rédaction interactive

Pour faire honneur aux origines de ce blog (autrefois, le Blog du Concepteur-Rédacteur…), je vous relaie aujourd’hui une mini-étude réalisée par le hub « Rédactrices & Rédacteurs » sur Viadeo, lui-même animé par Stéphane Bourhis, de l’agence Red-Act. Dans ce Baromètre de le Rédaction 2012, nous découvrons les tarifs-clés des prestataires en freelance, avec des écarts assez marquants.

Note : les tarifs entre parenthèses sont « des extrêmes très décalés par rapport à la majorité des réponses ».

Tarifs chez le Rédacteur Print :

Publi-rédactionnel (1500 signes) : de 60 à 150 euros (15-200)
Article (3000 signes) : de 100 à 350 euros (20-600)
Article (6000 signes): de 200 à 500 euros (50-800)
Dossier (12000 signes) : de 400 à 900 euros (175-1200)

Tarifs chez le Rédacteur Web :

1 page web (création) – 1000 signes : de 50 à 150 euros (20-250)
1 page web (création) – 1500 signes : de 60 à 250 euros (30-300)
1 page web (réécriture) – 1000 signes : de 30 à 60 euros (15-75)
1 page web (réécriture) – 1500 signes : de 45 à 75 euros (20-80)

Mon avis :

Toujours utile de connaître les pratiques budgétaires des indépendants, en tenant compte des différentes situations de chacun, et de leurs différents niveaux de professionnalisation. Personnellement, avec une formation universitaire spécialisée et 4 années d’expérience en conception-rédaction, je considère qu’un tarif correct (en freelance) se situe au-dessus des 70 € HT pour un post de blog de qualité, livré avec visuel.

Ayez en tête que ce tarif fluctue logiquement selon la spécialisation, la densité, la technicité du contenu à créer. Une page Web de 1000 signes, correctement rédigée et unique, vaut bien plus que le plancher extrême des 20€ découvert dans cette enquête. Votre avis ?

L’image utilisée pour cet article provient de l’œuvre TEXTile réalisée par Jean Shin, une sculpture interactive intégrant des milliers de touches de clavier recyclées.

[Affaire Bell Pottinger] Les entreprises peuvent-elles gérer leurs propres pages Wikipedia ?

Publié le 19 décembre 2011 - 6 Commentaires

Pages Wikipedia par Jess3

Ce post est inspiré par Marc Snyder, qui relayait récemment un « scandale » impliquant l’agence de RP Bell Pottinger. Suite aux révélations d’un blogueur britannique, cette agence a avoué gérer activement de nombreuses pages Wikipedia pour le compte d’entreprises et marques clientes, arguant qu’il n’y avait rien d’illégal dans cette démarche. Mais c’est oublier les principes fondateurs de l’encyclopédie collaborative…

Les marques, les entreprises et Wikipedia

Si je rebondis sur le sujet, c’est que – autant être franc – j’ai déjà eu des demandes ou des recommandations concernant l’usage de Wikipedia dans la stratégie d’e-Réputation de certaines entreprises. Et je crois que de nombreuses agences digitales ont déjà eu ce type de réflexion ces dernières années. Pour le moment, je préfère conserver une relative distance (celle de l’observation) avec Wikipedia, laissant cette encyclopédie libre aux contributions des internautes.

C’est un terrain qui peut être mouvant si l’on ne connaît pas à la lettre les codes et les risques… Ce qui n’empêche pas certaines marques pharmaceutiques (notamment) d’exploiter Wikipedia pour la promotion masquée de leurs produits. Dans un article de Mikkel Borch-Jacobsen sur Rue89, on apprend que certaines firmes utilisent cette plateforme sociale « pour vanter les effets de leurs médicaments et dénigrer la concurrence. [...] Wikipedia offre ainsi la possibilité d’une publicité invisible, déguisée en information objective – le rêve de tout publicitaire ! »

L’auteur cite au passage certaines recommandations de Manhattan Research, une société de consulting pharmaceutique. Entre autres, cette agence conseille de travailler les contenus multilingues « de façon uniforme », de « s’assurer que les traitements indiqués dans les entrées maladies de Wikipedia soient corrects », tout en signalant que « l’élimination sélective de contenu factuel, même si celui-ci est négatif, est susceptible de provoquer la réprobation des consommateurs et des médias. »

Les règles et recommandations de Wikipédia

Wikipedia n’impose pas de restrictions réelles mais indique la bonne posture. Clairement, et je reproduis là certains passage de la section relative à l’autobiographie, toute personne morale ou physique partisane ne doit pas interférer sur une page qui est liée à ses intérêts personnels.

Wikipedia dit notamment ceci :

Créer un article sur vous-même ou bien intervenir sur un article qui parle de vous est déconseillé. Si vous créez un tel article, vous vous exposez au risque qu’il soit proposé dans les pages à supprimer s’il ne satisfait pas aux principes suivants : pas de travaux inédits, neutralité de point de vue et vérifiabilité. Par ailleurs, si vos réalisations sont vérifiables et d’une notoriété suffisante — et donc conviennent pour un article dans Wikipédia — quelqu’un d’autre créera probablement un article sur vous tôt ou tard. [...] Il est très difficile de déterminer soi-même si l’on est une matière encyclopédique…

Les risques de Wikipédia pour les marques

Evidemment, comme cette blogueuse, on évoquera les motifs réels des contributeurs, le manque d’expertise des éditeurs impliquant des problèmes d’exactitude, la volatilité des informations publiées, sans cesse changeantes… Ou encore des sources partielles.

Pour la marque, cela implique un problème central en termes d’e-Réputation, étant donnée la qualité du référencement de Wikipedia et son influence sur l’information des internautes. Mais la bonne question à se poser, c’est surtout celle-ci : faut-il créer une page Wikipedia lorsqu’elle n’existe pas ? Eléments de réponse par Wikipedia :

Notez que, dans la mesure où toutes vos contributions peuvent être modifiées par les autres, plusieurs articles autobiographiques ont été une source de désillusions pour leurs auteurs originaux après quelques éditions par la communauté, et il est même arrivé qu’ils aient finalement été proposés à la suppression par ceux-ci. Dans quelques cas, l’article a été malgré tout conservé alors que son auteur original ne le souhaitait pas.

Vous avez changé d’avis ? C’est peut-être une bonne décision. Ce qui m’amène à la dernière réflexion…

Quelle position pour les agences de communication ?

Jimmy Wales de Wikipedia, sur Twitter, a propos de Bell Pottinger

Ci-dessus, l’un des tweets de Jimmy Wales concernant l’affaire des pages Wikipedia gérées par Bell Pottinger. Le blog The Bureau Investigates explique les faits : « The company made hundreds of alterations to Wikipedia entries about its clients in the last year. Some of the changes added favourable comments while others removed negative content. » L’agence a été repérée via l’un des ses comptes utilisateurs, lié à une adresse IP qui ne laissait pas le moindre doute sur le profil de l’éditeur (bureaux de l’entreprise).

Du côté de Marc Snyder, c’est clair : « si vous êtes une agence de communications, vous devriez vous abstenir de modifier des pages de Wikipédia. Et franchement, si vous vous faites attraper, de dire que « c’était pas illégal ! » n’est certainement pas la meilleure des défenses ! »

Quoi qu’il en soit, si l’on crée un (ou plusieurs) compte(s) visant à éditer différentes pages pour des entreprises ou des marques, Wikipedia donne une recommandation simple, rappelée d’ailleurs par le blogueur à la source des révélations sur Bell Pottinger :

Révéler ses centres d’intérêts (voir Wikipédia:Wikipédiens par thèmes d’intérêt) aux autres contributeurs sera perçu comme un signe de bonne foi et d’honnêteté et pourra empêcher les accusations de conflit d’intérêts sournois.

Personnellement, je pense que l’entreprise ou la marque (même individuelle) est en droit d’intervenir si elle respecte les conditions de Wikipedia, avec une démarche intelligente. Intelligente, c’est-à-dire en ayant conscience de la culture de transparence et d’objectivité nécessaire à la présence sur cette encyclopédie 2.0… Le cas de Bell Pottinger doit à tout prix éclairer les professionnels du secteur sur la bonne posture à adopter, la plus claire possible, envers cette plateforme.

Lisez d’ailleurs à ce sujet le très bon post de Anthere.org : Agence de Relations Publiques Bell Pottinger : tel est pris qui croyait prendre.

Notez enfin que l’agence fait amende honorable et que Jimmy Wales a proposé d’intervenir auprès de leurs équipes pour les sensibiliser aux best practices concernant l’usage professionnel de Wikipedia. Votre avis là-dessus ?

P.S. : vous êtes libre de reprendre l’article si vous citez (et backlinkez) son auteur ;)